9ème conférence de la LCI :

Mise en bière
de « Genèse du pablisme » et de Cannon

Avec sa 9ème conférence, la LCI continue son travail de détricotage de son histoire et sa progression dans la remise en cause officielle du trotskysme, du léninisme et du marxisme. Après la remise en cause officielle de la Révolution permanente et le remplacement de la lutte pour la « révolution socialiste » par la lutte pour la « libération nationale », puis l’abandon de la théorie léniniste de « l’impérialisme » au profit de la théorie kautskyste de « l’ultra-impérialisme », la LCI remet en cause la Quatrième internationale depuis 1945 (donc partiellement pour le moment).

La LCI renie Cannon et Robertson

Jusqu’à cette 9ème conférence, Perrault s’était contenté de considérer que la « gauche », y compris la RT/TSI/LCI, étaient passée à côté de la « nouvelle ère ultra-impérialiste » et avait capitulé à l’idéologie de cette « nouvelle » ère, « le libéralisme ». Nous étions surpris que Perrault n’avait pas soulevé le fait que tous les dirigeants de la Quatrième Internationale étaient passés complètement à côté de la plaque. Mais, contradiction et erreur de notre part, nous avions pensé que lui et son compère David Vincent n’allaient pas le faire. Or critiquer la RT/TSI/LCI sans critiquer tous les dirigeants de la Quatrième Internationale (que ce soit les futurs anti-pablistes -- en premier lieu Cannon -- et futurs pablistes) se voyait comme le nez au milieu de la figure. Il leur était par conséquent obligatoire de s’y coller.

Donc c’est chose faite avec la 9ème conférence : la nouvelle LCI renie la Quatrième Internationale ainsi que tous ses dirigeants depuis 1945 (y compris ceux de la RT/TSI/LCI, Robertson, etc.) : « Il est absurde de prétendre que la Quatrième Internationale était révolutionnaire avant la montée du pablisme, comme nous l'avons soutenu ». Et, s’appuyant sur une citation de Trotsky, elle précise bien que la Quatrième Internationale, entre 1945 et 1948, était devenue « l'instrument indirect d'autres classes ». Un nouveau gros jalon a été planté dans le révisionnisme de la LCI [1].

La mise au pilon de « Genèse du pablisme »

La nouvelle LCI considère désormais -- et provisoirement -- que la Quatrième Internationale s’est auto-détruite en 1945 et est co-responsable du maintien du capitalisme après la deuxième guerre mondiale, ses dirigeants ayant été incapables de comprendre « le nouveau chapitre de l’histoire » [2] « ultra-impérialiste ». Sous couvert de mettre sur le même plan pablistes et anti-pablistes, la présentation de David Vincent visait d’abord et surtout à la réhabilitation (légèrement critique) du pablisme, car cela permet de justifier leurs pratiques actuelles, et se livrer au démolissage systématique des anti-pablistes.

Après avoir réorienté la LCI qu’ils considéraient isolée à cause du « sectarisme » historique de la LCI vis-à-vis de la « gauche », petit à petit les nouveaux dirigeants nationalistes québécois de la LCI remontent vers les sources du « mal » : en fait la RT/TSI/LCI aurait hérité de l’« isolement sectaire » du SWP de Cannon et des anti-pablistes après la deuxième guerre mondiale. Pour ce faire, David Vincent ne s’est pas trop cassé la tête. Il a repris en se contentant de modifier à sa manière « Genèse du pablisme » -- un des documents fondateurs de la TSI/LCI. Tous les dirigeants droitiers et liquidateurs de la Quatrième Internationale ainsi que les pablistes, dénoncés dans « Genèse du pablisme », sont réhabilités et magnifiés par David Vincent pour devenir des révolutionnaires qui, dans la désorientation générale, étaient les seuls qui avaient perçu la réalité et cherché à mettre la Quatrième Internationale sur la bonne voie. Ainsi Goldman/Morrow/Van Heijenoort dont la « " solution " était de limiter le programme trotskyste aux revendica­tions démocratiques bourgeoises » (« Genèse du pablisme ») sont encensés, ce qu’on comprend parfaitement puisque ils avaient exactement la ligne liquidatrice actuelle de la LCI.

Pour les pablistes, David Vincent considère qu’ils avaient fondamentalement de bonnes impulsions pour « se lier aux masses sous les directions stali­niennes », leur seule faute serait qu’ils auraient développé « l'illusion que, ob­jectivement, les partis communistes [sta­liniens] deviendraient révolution­naires ».

Par contre, pour ce qui est des anti-pablistes, non seulement il reprend la quasi-totalité des points critiques sou­levés dans « Genèse du pablisme » en en accentuant certains et en rajoute. Il se délecte des dénonciations d’une « ortho­doxie stérile » formulées par « Genèse du pablisme », ce qui lui permet de bien mettre en contraste l’« isolement sec­taire » des anti-pablistes d'un côté, avec la re­cherche à intersecter les « masses » des pa­blistes de l'autre. Quoi qu’on pense aujourd’hui de certaines des formulations utilisées dans « Genèse du pablisme », ce dont on peut être sûr, c’est que quand David Vincent dénonce l’« orthodoxie stérile » des an­ti-pablistes, il n’y met absolument pas le même contenu que la SLUS de 1972 !

Le pablisme

Pour les besoins de sa cause, Da­vid Vincent redéfinit le « pablisme ». Il est donc nécessaire de rappeler com­ment « Genèse du pablisme » le définit :

« Mais le pablisme était plus qu'une théorie symétrique fausse, plus qu'une réaction im­pressionniste excessive contre l'orthodoxie : c'était en fait la justification théorique d'une im­pulsion non révolutionnaire, ba­sée sur l'abandon de la perspective de construire une avant-garde prolétarienne dans les pays avancés ou colonisés. » [...] «La conception selon laquelle un parti communiste de masse prendrait le chemin du pouvoir si seulement il était soumis à une pression suffisante des masses est une conception erronée. Elle reporte sur les masses la responsabilité de la direction pour les défaites révolutionnaires [...]. «La classe ouvrière se transforme [selon les théories de Pablo] en un groupe de pression, et les trotskystes se transforment avec elle en un groupe de pression qui pousse une section de la bureaucratie vers la révolution. De cette façon, on fait passer la bureaucratie, qui est traître et fait obstacle à la révolution, pour une force motrice auxiliaire de la révolution. »

-- « Genèse du pablisme » Le Bolchévik, supplément au n°186, février 2009, page 16.

On voit clairement que la critique du pablisme porte sur la liquidation de la nécessité de construire un parti révolutionnaire et la transformation de la Quatrième Internationale en groupe de pression sur les directions en place du mouvement ouvrier. Le pablisme signifiait que « Les trotskystes étaient essentiellement censés abandonner une perspective d'entrisme à court terme, dont l'objectif avait toujours été de scissionner les organisations de la classe ouvrière sur la base d'un programme solide » (« Genèse du pablisme »), c’est-à-dire à drapeau déployé pour scissionner une aile gauche. L’approbation de l’entrisme pabliste – qui est une rupture avec la tactique de l’entrisme trotskyste et qui représente, pour les trotskystes, la liquidation de la Quatrième Internationale -- est donc clairement et consciemment revendiquée par David Vincent :

« [Pablo] avait raison d'affirmer que les trotskystes durent se lier aux masses sous les directions staliniennes, notamment par la tactique de l'infiltration. Mais ce qui fut fatal et totalement révisionniste dans sa tactique, c'est que tous étaient motivés non pas par la nécessité de forger un courant révolutionnaire en leur sein, certes dans des conditions difficiles, mais par l'illusion que, objectivement, les partis communistes deviendraient révolutionnaires. »

David Vincent affirme que les pablistes ne cherchaient pas « à forger un courant révolutionnaire » au sein des partis dans lesquels ils entraient. On ne sait pas trop comment il comprend «  l’entrisme sui generis », surtout quand on connaît les partis staliniens de ces années où ils dirigeaient massivement les ouvriers. Mais les pablistes cherchaient à faire pression sur les directions considérant que celles-ci seraient obligées de suivre la base. Quelle différence avec l’entrisme en Australie, au Canada/Québec ou aux USA -- dans des groupuscules petit-bourgeois imbibés de la mort du communisme, au mieux – de la LCI ? (surtout qu’elle le fait avec un pale programme de 3 ou 4 revendications vagues et floues, genre « Opposition au sionisme », au maximum). Mais il est vrai que nos deux compères sont beaucoup plus malins ! [3]

La « stratégie »

Avec deux grands « stratèges » à sa tête la LCI ne parle plus de programmes, de tactiques, de construction de partis, etc, mais de « stratégie ». Ainsi David Vincent déclame que la fin de la deuxième guerre mondiale « a aussi bouleversé les stratégies sur lesquelles le mouvement trotskyste s'était appuyé pendant une décennie ». On peut déjà se poser la question « de quelle décennie parle-t-il » ? 1935-1945 ? et pourquoi celle-ci ? Mais ce qui est important c’est que la lutte pour la défense inconditionnelle de l’URSS (aujourd’hui la Chine) n’est pas une stratégie, c’est un point clé du programme pour orienter les ouvriers. La lutte contre les fronts populaires n’est pas une stratégie, c’est la lutte pour que la classe ouvrière comprenne la nécessité de l’indépendance de classe pour avancer vers le socialisme. La lutte contre l’impérialisme n’est pas une stratégie, c’est par exemple pour apprendre aux ouvriers que l’ennemi principal est dans leur propre pays. La lutte contre l’opportunisme et le révisionnisme ou contre le sectarisme n’est pas une stratégie, c’est pour élever la conscience des ouvriers pour qu’ils comprennent qui sont les charlatans qui mènent à la défaite. Etc.

Le terme « stratégie » de la LCI d’aujourd’hui n’est qu’un gimmick pour couvrir les petites manœuvres et petits arrangements auxquels elle se livre ouvertement depuis 2021 (des petites manœuvres et arrangements auxquels les trotskystes auraient dû se livrer, selon la LCI, juste après la deuxième guerre mondiale). Aujourd’hui ce sont les appels à voter pour des organisations qui passent des accords avec les partis bourgeois (PSL) ou qui soutiennent des partis gouvernementaux (MLPD, RIO), au nom de « l’indépendance de classe » (!) ou l’entrisme dans des organisations sans prétentions ni ailes révolutionnaires. Selon la LCI la Quatrième Internationale aurait dû se liquider, comme les pablistes le proposaient, mais sur la base d’un « anti-impérialisme US », un « programme » suffisamment flou et élastique pour permettre toutes sortes de manœuvres.

Le Programme de transition

La Quatrième Internationale aurait trahi dès 1945 parce qu’elle n’avait pas de « stratégie de lutte servant les intérêts de la classe ouvrière dans son ensemble », « une stratégie indépendante pour faire véritablement progresser ces luttes, capable de détacher les masses de leurs dirigeants non révolutionnaires » dixit David Vincent. Il confirme ce que nous avons dit et répété : il n’est plus question pour la LCI d’élever le niveau de conscience de la classe ouvrière – la base de l’existence d’un parti léniniste -- mais de « faire progresser les luttes ». On connaît bien cette doxa des « économistes » (et de tout syndicaliste/bureaucrate un tant soit peu combatif). L’essentiel est que la classe ouvrière lutte, les sous-« économistes » n’ayant pour tâche principale que de « lever les obstacles qui barrent la route aux ouvriers » car la conscience des ouvriers progresse toute seule, miraculeusement. Les sous-« économistes » n’ont qu’à accompagner programmatiquement les ouvriers jusqu’au jour où ils pourront enfin leur révéler le programme maximum.

En attendant ce moment « propice », il faut des slogans « réalistes » et « concrets ». On suppose que la « stratégie internationaliste et révolutionnaire pour vaincre [l’empire américain] » liée au constat de « résurgence des illusions démocratiques chez les travailleurs européens » à la sortie de la deuxième guerre mondiale dont parle David Vincent aurait du se traduire par une reprise du programme de Goldman/Morrow/Van Heijenoort (se limiter à l’appel « pour des Constituantes » et à des revendications « démocratiques bourgeoises ») agrémentée de gros appels à un « front uni mondial pour lutter contre la domination US sur les pays d’Europe » (avec une lettre de Pablo au Comité central du PC d’Union soviétique ?). Avec son sous-« économisme » actuel la LCI pense inutile la longue, patiente et fastidieuse tâche d’avancer des programmes de transition et de guider les ouvriers dans leur prise de conscience.

Le Programme de transition n’étant plus de mise pour la LCI depuis 2021, il a été dénoncé à plusieurs reprises pour être « dépassé ». Et de ce point de vue, David Vincent est le plus constant et revient dès qu’il peut à la charge. En 2025, dans une lettre au LCFI il indiquait que ce dernier « se contente plutôt de comparer, de manière littérale, certaines revendications formulées en 1938 et de réfléchir à leur application potentielle 87 ans plus tard. » À la conférence il a expliqué : « Les dirigeants du mouvement, de Michel Pablo et Ernest Mandel, issus de la clandestinité en Europe, à James P Cannon aux États-Unis, se révélèrent incapables de concilier cette nouvelle réalité avec le texte littéral du programme de transition de 1938 ». Il n’est pas le premier à avoir « découvert » son « dépassement ». Tous ceux qui ont abandonné le Programme de transition, les pablistes en premier, ont toujours justifié leurs trahisons et son non respect par son « obsolescence », sa « datation ».

Certes la période dans laquelle ce programme a été écrit transparaît dans toute une série de passages avec des formulations qui ne correspondent pas à la période post-soviétique dans laquelle on est depuis 35 ans. Mais, clairement, ce n’est pas cela que David Vincent rejette, c’est la méthode. Ce qu’il montre clairement en le considérant uniquement comme un catalogue de revendications, ce qui est plutôt risible et montre qu’il ne l’a probablement jamais compris. On va rappeler (énième fois) la méthode de ce programme (justement avec une formulation d’une autre époque)  :

« La tâche stratégique de la prochaine période - période prérévolutionnaire d’agitation, de propagande et d’organisation - consiste à surmonter la contradiction entre la maturité des conditions objectives de la révolution et la non-maturité du prolétariat et de son avant-garde (désarroi et découragement de la vieille génération, manque d’expérience de la jeune). Il faut aider les masses, dans le processus de leurs luttes quotidiennes, à trouver le pont entre leurs revendications actuelles et le programme de la révolution socialiste. Ce pont doit consister en un système de revendications transitoires partant des conditions actuelles et de la conscience actuelle de larges couches de la classe ouvrière et conduisant invariablement à une seule et même conclusion : la conquête du pouvoir par le prolétariat. »

S’il est vrai que n’importe quel révolutionnaire rêverait que les ouvriers d’aujourd’hui aient au moins la même « non maturité du prolétariat et de son avant-garde » que les ouvriers dont parle Trotsky, on aimerait bien que David Vincent explicite pourquoi il pense que la recherche du « pont entre [les] revendications actuelles et le programme de la révolution socialiste » est dépassée et ringarde. Et aussi depuis quand précisément : 1939, quand la guerre commence ? 1943 quand l’armée allemande entame sa descente aux enfers après Stalingrad ? En 1944 ? En fait il devrait répondre « 1938 ! », parce que c’est le principe même du Programme de transition que le sous-« économisme » de la LCI remet en cause. Car il considère que la conscience se développe simplement et naturellement « dans les luttes ».

Remontez encore plus haut vers la source !

Donc la LCI doit maintenant continuer son travail de révisionnisme. Quand David Vincent dénonce à répétition l’« orthodoxie défensive et rigide », l’« isolement sectaire », « les dogmes rigides », « une approche sectaire, stérile et déconnectée de la réalité », c’est tout le travail de Trotsky pour construire la continuité du léninisme dans les années 1920 et 1930 – l’Opposition de gauche puis la Quatrième Internationale -- que David Vincent dénonce ; ainsi que son programme, le Programme de transition. C’est explicite quand David Vincent explique : « Après la guerre, le mouvement s'est replié sur les dogmes rigides d'avant-guerre. » Alors il faut que Perrault et David Vincent remontent le fil et remettent en cause les sources de cette « orthodoxie sectaire ».

On propose à David Vincent et Perrault une « thèse » : l'ancienne LCI a failli parce qu’elle a maintenu les dogmes stériles, rigides et sectaires des anti-pablistes qui eux-mêmes avaient maintenus les mêmes dogmes stériles, rigides et sectaires de la Quatrième Internationale d’avant-guerre c’est-à-dire les dogmes stériles, rigides et sectaires de Trotsky. Un petit effort, camarades !

L’autre pilier de la dégénérescence de l’ancienne LCI viendrait, selon nos stratèges, de son incompréhension de la nouvelle ère « ultra-impérialiste » US d’après la deuxième guerre mondiale. Là, la LCI aurait maintenu la continuité de l’incompréhension des anti-pablistes et des pablistes (et de toute la gauche mondiale et même de l’humanité entière!). La faute à qui ? Perrault, dans son invention de l’« ultra-impérialisme » s’est pour le moment contenté de dire que Lénine et Trotsky « n’ont pas davantage connu un monde où il y avait une seule superpuissance ». Mais, comme nous l’avons montré, Lénine s’était basé sur le marxisme pour tailler en pièce Kautsky et expliquer que l’ultra-impérialisme est impossible par principe (marxiste). Et Trotsky était en total accord. Donc, là aussi, il faut que nos géniaux intellectuels fassent aussi un petit effort. Nos propositions :

-- que Perrault reprenne cette « thèse » : les trotskystes (et la RT/TSI/LCI) se sont plantés à cause de Trotsky et Lénine ! Il faudrait que la prochaine conférence de la LCI remette en question la légitimité de Trotsky et Lénine. En plus Lénine était le roi de l’« orthodoxie rigide et sectaire », la LCI ferait d’une pierre deux coups.

-- que Perrault reprenne une autre « thèse » (dernier effort, mais libérateur celui-là) : il faut remettre en cause ceux qui ont amené Lénine à de telles turpitudes, à savoir Marx et Engels avec leur foutue loi de la valeur qui a trompé Lénine et tout son monde.

Ainsi la boucle serait bouclée et nos nationalistes québécois reviendraient à leur point de départ politique. Et le mouvement ouvrier serait débarrasser d’imposteurs.

On a hâte !

Octobre 2026

[Les citations sont traduites de l'anglais par IA en attendant la version française officielle]

[1] Il est à remarquer que la période la plus importante de la fin de la deuxième guerre mondiale, 1944, n’est que très rapidement survolée par « Genèse du pablisme ». Dans plusieurs pays européens, comme la France ou l’Italie, les bourgeoisies (massivement collaborationniste avec les nazis en France), étaient totalement déconsidérées, leurs États étaient disloqués et, dans les usines, les ouvriers se retrouvaient seuls et armés. Ce sont les staliniens qui ont fait rentrer dans le rang les ouvriers, qui ont permis aux bourgeoisies de reconstruire leurs États. En France les dirigeants staliniens ont eu quelques difficultés à désarmer les milices ouvrières venant des maquis staliniens pour les mettre sous l’autorité de de Gaulle. Les trotskystes cherchaient avec leur programme à intersecter la situation objective (appel à la fraternisation avec les soldats allemands, pour les milices ouvrières, contrôle ouvrier sur la production, le ravitaillement, propagande pour généraliser les grèves, etc.). Mais ils se heurtaient à plusieurs écueils : leur faiblesse politique (la plupart des dirigeants avaient disparus), leur faiblesse numérique (très peu de militants, très peu de moyens matériels, etc. face aux staliniens), et la non-maturité du prolétariat après plus de 4 ans de famine et de répression massive. La réinstallation des États bourgeois (et des colonies) avec la participation des staliniens a été un revers pour les ouvriers et a forcément joué un rôle dans la conscience des trotskystes. Voir les staliniens réussir à diriger et canaliser la classe ouvrière pour la faire travailler dur afin de reconstruire le capitalisme n’étaient pas ce qu’ils avaient anticipé et espéré.

[2] On ne sait pas trop pourquoi Perrault n’avait pas dénoncé la Quatrième Internationale en 2023 pour ne pas avoir reconnu l’« ultra-impérialisme » (on n’est pas dans sa tête et on ne veut surtout pas y être!). Est-ce pour ne pas s’aliéner une partie des « anciens » de la SLUS (la pompe à phynance de la LCI) pas encore « préparés » à un tel saut ou par peur de se retrouver trop vite à l’extrême-droite du marais ?
[3] On se retrouve ainsi avec des phrases comme : « Tous les révolutionnaires savent que Mélenchon pactise avec les patrons et soutient l'impérialisme français, mais il faut une tactique intelligente pour s'adresser au réel soutien dont il jouit parmi les travailleurs et les opprimés en vertu de ses discours sur les retraites, la Palestine, la police qui tue, etc. » dans le Bolchévik n°244. L'important n'est plus d'avoir une ligne de classe mais des tactiques intelligentes !